Grâce au soutien financier de la Drieets et à un partenariat avec l’Aract d’Île-de-France, des rencontres de terrain ont été menées pour observer et analyser les conditions du travail réel, l’exposition aux risques et les mesures de prévention mises en œuvre, réfléchir aux leviers d’amélioration, mais aussi recueillir la parole des professionnels.
Au-delà de nous ouvrir les portes de leur atelier, les artisans d’art rencontrés partagent leur parcours et la perception de leur métier, leurs inquiétudes et leurs difficultés, leur engagement dans la transmission des savoir-faire et leur démarche de développement durable.
Ce projet se concrétise par la réalisation d’une quarantaine de capsules vidéo, mises à disposition sur cette page. Découvrez-les !
Maintien dans l'emploi durable dans le secteur des métiers d'art
Quelques mots du réalisateur, Alain Moïse Arbib, sur la façon dont ce film et les capsules ont été construites…
« En réalisant ce documentaire, je me suis souvent senti très proche des artisans que vous allez rencontrer. Comme
eux, je suis parti avec quelques outils, un savoir-faire, une intuition… mais sans connaître exactement la forme finale de l'ouvrage.
Un artisan sait où il souhaite aller. Mais il accepte aussi que la matière lui réponde, qu'elle résiste parfois, qu'elle l'oblige à modifier son geste. C'est dans ce dialogue patient entre son intention et le réel que l'œuvre prend peu à peu sa forme.
Ce film s'est construit de la même manière. Au fil des rencontres. Des regards. Des silences. Des doutes aussi. Et surtout grâce aux échanges avec toutes celles et ceux qui ont participé à cette aventure : les artisans, les ergonomes, les chercheurs, les préventeurs et les équipes qui m'ont accompagné. Par une parole, une remarque, une émotion ou une intuition, chacun est venu déplacer mon regard et enrichir le film.
J'ai longtemps cru que je réalisais des films. Aujourd'hui, je crois plus simplement que j'essaie de créer les conditions pour qu'un film puisse émerger.
Comme un artisan prépare patiemment son ouvrage, sans jamais pouvoir forcer la matière, j'avance en suivant un chemin souvent invisible. Puis, peu à peu, au fil des rencontres, des échanges et des regards croisés, une forme apparaît. Une forme que personne, moi le premier, n'aurait pu imaginer entièrement au départ.
Pour cela, il m'a fallu un outil très simple, mais sans doute le plus précieux qui soit : la confiance. La confiance que l'on m'a accordée pour entrer dans les ateliers, partager des instants de travail, entendre les mots des artisans. Mais aussi la confiance que j'ai choisie d'accorder au silence.
Parce que je crois que les images ne racontent pas seulement ce qu'elles montrent. Entre deux gestes... Entre deux regards... Entre deux paroles... Il existe un espace... un silence
... Et c'est souvent là que naît le sens.
Nous vivons dans un monde où nous cherchons très vite à comprendre, à analyser, à conclure.
Aujourd'hui, j'aimerais simplement vous proposer une autre expérience. Regarder comme on écoute quelqu'un que l'on estime. Sans chercher immédiatement à comprendre. En laissant les images, les gestes et les silences trouver leur place en vous. Peut-être qu'une image retiendra votre attention. Peut-être qu'une phrase fera écho à votre propre histoire. Peut-être que ce sera simplement un geste. Un souffle... Et ce sera très bien ainsi.
Car ce film ne cherche pas à apporter des réponses. Il cherche avant tout à ouvrir un espace de rencontre. Une rencontre avec des femmes et des hommes passionnés par leur métier. Avec des gestes parfois, plusieurs fois centenaires. Avec les risques qu'ils acceptent pour continuer à faire vivre leur savoir-faire. Mais aussi avec cette question, qui traverse discrètement tout le film : Comment prendre soin de celles et ceux qui prennent soin de notre patrimoine ?
Je vous souhaite une belle rencontre. »














