Ateliers d'Art de France

Formations aux métiers d’art

Mobilisons-nous contre la déliquescence des formations aux métiers d’art !

"Face aux réformes funestes du système de formation dans les métiers d’art qui compromettent leur avenir, les acteurs du secteur se mobilisent !

Vous êtes professionnels de métiers d’art, enseignants ou acteurs de la formation dans les métiers d’art, élèves, professionnels de métiers d’art en devenir ? Ou encore vous souhaitez défendre avec nous les enjeux de la formation dans les métiers d’art ? Cette pétition vous concerne !

 

Pétition métiers d'art

 

Cette pétition est adressée à :

  • Emmanuel Macron, président de la République
  • Jean Castex, Premier ministre
  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports
  • Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion
  • Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture
  • Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
  • Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises

Paradoxalement, c’est aujourd’hui, au moment où les formations aux métiers d’art bénéficient d’un engouement jamais atteint auparavant que les acteurs du secteur des métiers d’art font face à des évolutions profondes et funestes du système de formation.

  • D’une part, la réforme du DNMADe : le travail de la matière, socle fondamental d’une formation aux métiers d’art permettant l’expression créative et l’acquisition de savoir-faire complexes, pâtit d’une réduction drastique du nombre d’heures de pratique en atelier et aboutit à l’évacuation de la démarche de création par la matière, inhérente à l’identité des métiers d’art.
  • D’autre part, en application de la loi « Avenir professionnel », les centres de formation continue doivent justifier de critères qui, en décalage total avec les réalités du secteur, conduisent à une rétrogradation des formations devenant non certifiantes. Prendre en compte un taux d’insertion six mois à deux ans après l’obtention de la certification, quand dix ans sont nécessaires pour assurer l’installation et la viabilité d’une entreprise de métiers d’art, relève au mieux d’une méconnaissance, au pire d’un mépris de ce que sont les métiers d’art. Le risque est ni plus ni moins de voir fermer des centres de formation privés de financements publics, et de voir disparaître avec eux une offre de formation pourtant indispensable.

Ces évolutions participent d’un même système de formatage privilégie les cursus répondant à des emplois bien identifiés dans l’industrie. L’idéologie sous-jacente tend à faire de nos métiers d’art les « petites mains » au service des industries du luxe et du design, niant la création artistique par la matière qui constitue l’identité distinctive et la plus grande force des métiers d’art.

Un vocabulaire choisi, et relayé par les médias, martèle à notre endroit : « talents de la main », « ouvriers aux mains en or », « ouvriers de l’excellence », « artisans ouvriers », « ouvriers spécialisés » ! Comment l’État peut-il croire que nos métiers d’art sont en mesure de générer autant d’engouement de la part des jeunes et de personnes en reconversion dans les métiers d’art, si la perspective est celle de devenir de la main d’œuvre, sans conscience, surtout sans créativité, cantonnée à un geste technique ! Adjoindre le terme « talentueux » à ces déferlements de condescendance n’y changera rien !

Ce qui fait l’engagement de vie d’un professionnel de métiers d’art, la motivation profonde d’un jeune ou d’une personne en reconversion, réside dans la capacité à s’exprimer par la matière. Notre valeur ajoutée, ce qui nous a permis de perdurer, est notre capacité à proposer aux marchés des offres singulières, éloignées du marché de masse organisé de longue date par la sous-traitance mondialisée.

Face à l’absence de perception par l’État du formidable atout de rayonnement culturel que représente le foisonnement créatif de nos ateliers, qui fait la singularité́ française en plus d’un réel potentiel d’attractivité́ économique à l’échelle internationale, le secteur se mobilise."

Aude Tahon
Présidente d’Ateliers d’Art de France

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Rapport : "La formation aux métiers d’art : un système en crise"

En parallèle de cette pétition, Ateliers d’Art de France a réalisé un rapport intitulé « La formation aux métiers d’art : un système en crise » destiné à être remis aux décideurs politiques et institutionnels. Par un état des lieux des incidences des réformes sur l’offre de formation – s’appuyant sur l’analyse et les situations vécues par les professionnels, le corps enseignant, les centres de formation et les apprenants –, cette étude vise à révéler les menaces que font peser les réformes actuelles sur l’avenir des métiers d’art.

Consulter le rapport

 

Les revendications portées pour la survie des formations aux métiers d’art

  1. Une démarche d’enseignement de la création adaptée aux spécificités des métiers d’art : la création par la matière, inhérente à l’identité des métiers d’art, doit être au cœur de la formation.
  2. La reconnaissance de l’atelier comme lieu indispensable de formation : l’atelier d’art, ou l’atelier au sein de l’école, est le lieu d’apprentissage indispensable devant être valorisé, intégré, et pensé dans le processus de formation.
  3. L’allongement du temps de formation en atelier : l’apprentissage des techniques, le développement de la créativité par la connaissance et la maitrise du travail de la matière, sont les socles indispensables de la formation aux métiers d’art.
  4. La reconnaissance du rôle des professionnels de métiers d’art dans la formation aux métiers d’art.
  5. L’implication des professionnels de métiers d’art et des enseignants dans la définition des référentiels de formation.
  6. La nécessité de dialogue et de travail en partenariat entre les écoles, les centres de formation, et les professionnels de métiers d’art.
  7. La visibilité et la valorisation des métiers d’art dans l’orientation et les parcours de formation des jeunes..